Des serveurs pour chauffer l’eau des foyers

Au Royaume-Uni, la société Heata installe des unités de calcul près de ballons d’eau chaude. La chaleur produite par ces serveurs est transférée à l’eau du foyer, ce qui peut réduire le recours au gaz.

Le principe ne crée pas une énergie gratuite. Il déplace une partie des traitements cloud vers un logement, où la chaleur qui aurait été rejetée devient un apport utile. Le résultat dépend du type de ballon, de la consommation d’eau chaude et des conditions prévues par l’opérateur.

Comment fonctionne un data furnace domestique

Un serveur consomme de l’électricité pour exécuter des tâches de calcul. Une grande partie de cette énergie finit sous forme de chaleur. Dans un centre de données, cette chaleur est généralement extraite par des équipements de refroidissement. Dans un logement équipé d’un data furnace, l’unité est fixée contre le ballon et chauffe l’eau pendant qu’elle exécute les traitements qui lui sont confiés.

Microsoft Research avait présenté le concept Data Furnace en 2011. Son article proposait d’installer des serveurs dans des habitations ou des bureaux afin qu’ils fournissent une source de chaleur tout en participant à des services de cloud computing. La proximité avec les utilisateurs et l’utilisation de logements comme sites de calcul faisaient partie des pistes étudiées.

Heata reprend cette logique avec des traitements cloud distribués. Ses nœuds de calcul peuvent recevoir des requêtes, des tâches ou des jobs ponctuels. Lorsqu’une unité devient indisponible, les traitements sont redirigés vers d’autres nœuds du réseau.

Une économie annoncée, avec un chauffage d’appoint

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Photo de Call Me Fred sur Unsplash.

Sur son site, Heata annonce jusqu’à 340 livres sterling d’économies annuelles sur l’eau chaude et indique viser environ 80 % des besoins de chaleur du système. Ces chiffres correspondent aux annonces de l’opérateur. Ils ne garantissent pas le même résultat dans chaque logement.

Le serveur ne couvre pas forcément les pics de consommation. Un bain ou plusieurs utilisations rapprochées peuvent demander un complément fourni par la chaudière ou par un autre système. Le data furnace réduit donc le travail du chauffage principal sans le remplacer dans toutes les situations.

Le modèle repose sur un partage des coûts. Heata indique prendre en charge l’électricité supplémentaire consommée par son unité. En contrepartie, le logement doit disposer d’une connexion internet rapide, généralement une liaison fibre, pour communiquer avec l’infrastructure cloud.

Le ballon d’eau chaude est le premier point de contrôle

Un montage réservé aux ballons ventilés

Le système décrit par Heata fonctionne avec des ballons ventilés et non pressurisés. Les ballons pressurisés ne sont pas compatibles avec ce montage. Au Royaume-Uni, le modèle ventilé peut souvent être repéré grâce à l’isolation bleue qui entoure le ballon, mais une vérification technique reste nécessaire.

Avant toute installation, il faut donc identifier la configuration exacte du ballon et vérifier la manière dont l’unité doit y être fixée. Une solution conçue pour un ballon de stockage ne peut pas être transposée automatiquement à une autre installation de production d’eau chaude.

Une connexion nécessaire aux traitements cloud

L’unité installée dans le logement doit communiquer avec l’infrastructure de Heata. Si elle perd sa connexion ou devient indisponible, les traitements peuvent être redistribués vers d’autres nœuds du réseau. La production de chaleur de cette unité cesse toutefois tant qu’elle n’exécute plus de calcul.

Un mini centre de données dans la maison

Electrical panel with wires and components
Photo de Aleksandr Lyaptsev sur Unsplash.

Le logement héberge une partie d’une infrastructure cloud distribuée. Les points d’accès, les interfaces de gestion et l’orchestration peuvent rester dans le cloud, tandis que les unités installées chez les particuliers exécutent des tâches ponctuelles. Aucun nœud domestique n’a besoin de porter seul l’ensemble du service.

La documentation de Heata mentionne des VPN WireGuard, l’isolation complète des machines virtuelles, le chiffrement des communications, une sécurité de démarrage appuyée par le matériel et une séparation des réseaux entre clients. Ce sont des mesures décrites par l’opérateur. Elles ne constituent pas, à elles seules, une certification indépendante de la sécurité du dispositif.

Le montage ne supprime pas les besoins du cloud. Il déplace certaines tâches vers des unités installées dans des logements et récupère la chaleur qu’elles produisent. Le bilan dépend donc de la consommation électrique du calcul, de la durée de fonctionnement du serveur et du rôle conservé par les autres infrastructures du service.

Les vérifications à faire avant une installation

Pour évaluer ce type de solution, il faut avancer dans cet ordre :

  1. identifier le type de ballon d’eau chaude et vérifier sa compatibilité avec l’unité;
  2. confirmer que la connexion internet répond aux besoins du dispositif;
  3. demander ce que l’opérateur prend en charge pour l’électricité, la maintenance et les réparations;
  4. estimer la consommation d’eau chaude du foyer et la part qui restera assurée par la chaudière;
  5. lire les conditions relatives à la durée d’hébergement, à la sécurité des données et à l’arrêt du service.

Le data furnace domestique est donc un système de récupération de chaleur associé à une activité cloud. Il peut réduire le recours au gaz dans un logement compatible, mais il suppose un ballon adapté, une connexion fiable et un chauffage complémentaire pour les périodes de forte demande.

Sources et références scientifiques
  1. Christian Cawley. This new UK domestic ‘data furnace’ from Heata can convert cloud computing waste heat into free hot water. 2026.
  2. heata | harnessing heat from cloud compute.
  3. CO₂e saving is based on: Typical Data Centre + domestic hot water: 750W/hour (330W compute + 200W cooling[3] + 220W hot water) vs heata: 330W/hour (330W compute, including 220W harnessed from waste heat), at 80% utilisation across the year. Carbon intensity is 0.274kg CO₂e/kWh, this is derived from the blend of heating sources in the homes in the heata network. Base carbon intensity is 0.236 CO₂e/kWh for Electricity and 0.290 CO₂e/kWh for Gas, taking into account an assumed boiler efficiency of.
  4. Yearly cost saving is based on hot water heated with electricity at 22p/kWh, or heated with gas at 7.8p/kWh (takes into account a boiler efficiency of 70%[5]), with the heata unit supplying 4.25kWh of hot water per day. A billing accredited submeter is installed along with the heata unit and the household is credited for the amount of energy that the heata unit uses..
  5. Ni, Jiacheng & Bai, Xuelian. (2017). A review of air conditioning energy performance in data centers. Renewable and Sustainable Energy Reviews. 67. 10.1016/j.rser.2016.09.050.. doi:10.1016/j.rser.2016.09.050.
  6. Greenhouse Gas Reporting Conversion Factors 2023..
  7. The Data Furnace: Heating Up with Cloud Computing – Microsoft Research.
  8. Michel Goraczko.
  9. Christian Belady.
  10. Shane Hickey. Domestic datacentres: how computer power can help heat your home. 2026.
  11. Documentation.
  12. Evan Ackerman. Heat Your House with Someone Else’s Computers. 2014.

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